Saint JHN, pendant que le monde brûle

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Il y a quelques mois, le morceau « Roses » de Saint JHN (remix par Imanbeck) arrivait au sommet des classements : pourtant, celui était déjà disponible sur les plateformes depuis 2016. L’interprète, au style et à la voix qui se démarquent de tous les autres, devient progressivement et sûrement l’un des rappeurs les plus talentueux du moment. Son dernier album While The world was burning, retrace son histoire en tant que noir hispanophone. 

De Brooklyn à Los Angeles  

Né en août 1986 à Georgetown, Saint JHN a grandi entre la Guyane et New York. C’est dans le quartier de Brooklyn, qu’il découvre le rap à travers l’expérience de son grand frère. Il commence à écrire, composer et interpréter ses textes à seulement 12 ans et sort son premier EP en 2010. Trois ans plus tard, Zach Katz, un agent incontournable dans la variété US, se penche sur sa mixtape In association. Convaincu du talent de Saint JHN, il l’envoie à Los Angeles, travailler pour les plus grands. Il écrira des chansons pour des artistes tels que Beyoncé, Usher ou encore Jidenna. 

Collection One 

Perdu dans l’album Collection One,  le titre « Roses » gagne en succès après l’apparition de Saint JHN dans la tournée de Post Malone en 2016. Trois ans plus tard, Ghetto Lenny’s love songs, son projet en collaboration avec le chanteur Lenny Kravitz, le propulse directement au niveau des rappeurs les plus qualifiés. Que ce soit sa voix suave de crooner, ses lyrics, le choix de ses instrumentales, ses talents de guitariste ou même l’esthétique de ses clips, les nombreuses qualités de Saint JHN sont pleinement révélées dans ce dernier album. 

Chanteur, compositeur et directeur de sa marque de vêtement, Saint JHN se présente déjà comme un artiste complet, précurseur dans sa manière d’exprimer la musique.  « La magie est dans l’échec », « je suis un pêcheur », chante-il : fruit d’une jeunesse baignée dans la Bible et les messes du dimanche, il n’hésite pas à utiliser un lexique religieux et des symboliques catholiques dans ses chansons, pour marquer le contraste avec les valeurs contemporaines, les mœurs et les penchants humains. Ses textes engagés et l’originalité de son style lui valent aujourd’hui un réel succès et une communauté bienveillante.

While the world was burning 

Pour reconnaitre son timbre de voix particulier, écoutez « Gorgeous », le titre annonce de son prochain album While the World Was Burning : il y raconte son enfance tiraillée entre Brooklyn et la Guyane, et le complexe interne que ça a pu créer en lui. « Les gens ne comprenaient pas qu’un noir parle espagnol, je ne suis ni espagnol mais je m’appelle Carlos St. John, je ne suis ni africain, ni haïtien, mais il ne connaissent pas la Guyane. C’était le moment le plus confus de ma vie, mais j’étais un ensemble de culture. J’ai fait la différence. » dit-il avant sa performance au MTV Music Awards. 

Les featuring présents sur While the World Was Burning, sorti le 20 novembre, tiennent les promesses d’un album réussi. Parmi eux, A Boogie Wit a Hoodie, Da Baby, 6lack, Lil Uzi Vert ou encore Kanye West. Le titre marquant l’ouverture de ce projet, « Sucks To Be You », sonne comme une autobiographie, racontant comment SAINt JHN, de son enfance fracturée, est devenu une personne et un artiste à part entière. 

Regarde « Sucks To Be You », le dernier clip de Saint JHN :

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