Gisèle Halimi : le combat d’une vie

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Il est des personnes qui marquent de leur empreinte des générations entières. De par leurs actions, leurs pensées, concrétisés en l’œuvre d’une vie. Gisèle Halimi est l’une de ces personnalités marquantes de la scène politique et militantiste. En lutte constante, pour l’évolution de la pensée et de l’action humaine.

Zeiza Gisèle Elise Taïeb

Gisèle Halimi, c’est cette avocate, cette femme au courage admirable qui a œuvré toute sa vie pour la liberté de tous et de toutes. Une femme qui a consacré une vie à la cause féminine et au droit à l’avortement. Une force et une fougue qui ne l’ont jamais quittée, qui lui ont permis de mener de nombreuses luttes et amener la France à évoluer, prendre conscience de la nécessité de se moderniser sur le plan de la pensée. Gisèle Halimi a fait de la reconnaissance du droit des femmes, une lutte menée dans l’intelligence et la finesse d’esprit … Une revendication. Elle est l’image même de la persuasion féminine : l’éloquence, l’intelligence, la volonté… L’élan de l’éternel féminin.

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Le Manifeste des 343

Le manifeste des 343, c’est ce texte, publié en 1971, rédigé et soutenu par Simone de Beauvoir dans lequel, 343 femmes dont Gisèle Halimi, déclarent avoir avorté, tout en s’exposant à des poursuites pénales. Ce manifeste, c’est un appel à la légalisation de l’avortement, un appel à la liberté pour toutes les femmes. C’est une bataille qui s’engage autour de l’IVG. Les femmes veulent avoir le choix, elles veulent se réapproprier un corps qui ne leur appartient pas totalement. Elles veulent être libres de porter la vie quand elles le souhaitent et non par « obligation ». La légalisation de l’avortement n’a jamais été un but dans le combat de toutes femmes, mais une nécessité.

Bobigny : le procès, 1972

Marie-Claire, 16 ans, tombe enceinte à la suite d’un viol. Elle n’est pas en mesure d’assumer un enfant, après tout, elle-même n’est qu’une enfant. Sa mère, Michèle l’aide à avorter malgré la législation en vigueur. Peu de temps après, elles sont dénoncées, par son violeur (le comble !), celui qui, a déjà causé tant de mal, celui qui l’a tuée tout en la laissant vivante. Marie-Claire est alors poursuivie pour avoir avorté, sa mère et deux de ses collègues pour complicité. Gisèle Halimi s’empare de cette affaire. Le courage et la détermination devront être au rendez-vous. Ce procès, ce n’est pas seulement celui de Marie-Claire et sa mère, ce procès, c’est aussi celui d’une loi, d’un système.

A travers une plaidoirie plus que convaincante et par la présence de personnalités engagées, de biologistes, de médecins, Gisèle Halimi parvient à remporter ce procès, Marie-Claire est relaxée, Michèle est condamnée à 500 francs d’amende avec sursis.

Cette affaire suscite une émotion publique. De nombreuses femmes, associations, journalistes sont mobilisées autour de cette cause. Le verdict rendu par le tribunal, lors de cette audience remportée, est un moyen de faire avancer la société. Ce procès contribua à l’évolution vers l’interruption volontaire de grossesse et la loi Veil en 1975. Avec ce procès, Gisèle Halimi devient une des figures emblématiques de la lutte pour la reconnaissance de la condition féminine et du droit des femmes.

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1980 : le viol, reconnu comme un crime

1978, Gisèle Halimi s’empare d’une nouvelle affaire : le viol d’Aracelli et Anne, deux femmes lesbiennes, violées par trois hommes alors qu’elles campaient. L’avocate refuse le procès à huis clos, elle veut que la France sache, que la France entende ce que ces femmes ont à dire. Cette affaire est très suivie par la presse, nationale et internationale, les deux jeunes femmes ont le soutien des féministes, ou de personnalités comme le Poète Pierre Emmanuel. A l’issue du procès, le verdict tombe : six ans de prison pour l’un et quatre ans pour les deux autres. C’est une nouvelle victoire et une prise de conscience, malgré une sentence bien légère, qui ne prend pas en compte les souffrances et le choc émotionnel des deux victimes.

Deux ans plus tard, la loi du 23 décembre 1980 pénalise pour la première fois le crime de viol et le redéfinit : à présent c’est « l’acte de pénétration » qui caractérise le viol. C’est une prise de conscience, le reflet d’un besoin politique et social, pour changer les mentalités, il faut que les lois évoluent. Malgré tout, on s’interroge, un « acte de pénétration » est la seule caractéristique d’un viol ?

Le viol, est un délit où la victime se sent coupable, les faits très minorés, les délais d’instruction longs…Nombreux sont ceux, qui pensent que dans la plupart des cas, la victime « méritait » cette agression : de par sa tenue ou son attitude, jugée « inappropriée » ou « provocante ». Il est primordial de comprendre qu’aucune femme ne mérite de subir une telle atrocité.

A jamais dans notre histoire

Aujourd’hui, cette grande dame n’est plus. Celle qui a consacré sa vie à la cause des femmes s’en est allée. Un manque à notre société, et plus encore aujourd’hui, en cette époque où malgré les évolutions de pensées, la condition féminine est bien souvent remise en question. Gisèle Halimi aurait été cette figure de proue qui aurait su en remettre plus d’un à leur place. A jamais, elle restera un modèle de courage, son héritage vivra longtemps dans le cœur de nombreuses femmes. A jamais, sa lutte gravée dans l’histoire.

« Ne vous résignez jamais » – Gisèle Halimi

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Actuellement en première année de bachelor communication à l'ISCPA, j'y étudie la production audiovisuelle et la communication à travers des projets pratiques. Passionnée par la mode, le dessin et la musique, je m'intéresse aux métiers de la création visuelle et des arts de la scène, et recherche donc un premier stage en communication évènementielle ou digitale pour y développer mes compétences et me confronter à la réalité de l'entreprise.

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