Pourquoi « 365 DNI » banalise le viol ?

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Depuis sa sortie en juin dernier, le film 365 DNI fait l’objet de nombreuses controverses et cela peut se comprendre. Dans la lignée de la saga érotique Cinquante Nuances de Grey, des scènes de sexe plus ou moins consenties, dans un schéma de soumission féminine, dérange beaucoup d’internautes. Un film banalisant le viol devrait-il rester sur Netflix, une plateforme de streaming comptant 167 millions d’utilisateurs ? 

Du drame érotique à la romantisation du viol

Ce drame érotique polonais, adapté du roman Blanka Lipinska, prétend raconter une relation des plus romantiques. Massimo, un bel homme issu de la mafia italienne, tombe sous le charme de Laura, une jeune femme d’affaire polonaise profitant de ses vacances en Italie. Il décide alors de la droguer afin de la kidnapper. En se réveillant, elle se retrouve face à Massimo, qui lui annonce qu’elle a un an pour tomber amoureuse de lui. Si cette dernière n’éprouve rien à la fin de ce délai, il la laissera partir. Les semaines passent et Laura trouve finalement son bonheur dans la relation sadomasochiste qu’elle entretient avec son ravisseur. Complètement atteinte du « syndrome de Stockholm », elle trouve en Massimo une personne attachante lorsqu’elle apprend son passé difficile.

Notion du consentement et respect de la femme inexistant  

Le consentement n’existe pas sans « oui ». 365 DNI dévoile, dès les dix premières minutes, une scène ou Massimo abuse sexuellement d’une hôtesse de l’air, l’incitant à lui faire silencieusement une fellation. Ce dernier lui appuie tellement sur la tête qu’elle en pleure. Cette scène se termine avec la jeune femme qui s’en va le sourire aux lèvres, sans même un dialogue entre les deux personnes.

Lorsque qu’il est enfin en possession de Laura, sa « future femme », il n’hésite pas à la menacer, la brutaliser et la toucher sans son consentement tout au long du film. Il l’emmène cependant faire des virées shopping, pour subvenir à « ses besoins de femme », et la sauve constamment des dangers que lui même lui a causés. Ces scènes douteuses au niveau du consentement sont problématiques. Elles banalisent le viol de manière à ce que de nombreux internautes y voient un fantasme qui n’a pas lieu d’être. 

365 DNI @netflix

Un long métrage qui cultive l’ambiguïté

Le personnage de Laura subit quatre agressions sexuelles et se fait étrangler à plusieurs reprises. La mise en scène, digne d’une publicité pour parfum, tend à rendre ces actes concrètement violents « acceptables » car 365 DNI se base essentiellement sur les fantasmes masculins. Massimo est un beau latino musclé, riche et armé. De ce fait, il obtient ce qu’il veut par la violence et la domination, tandis que Laura est réduite à une chose fragile qui ne cesse de s’évanouir, évidemment hystérique lorsqu’elle se réveille. Netflix se montre incohérent vis-à-vis de son engagement à fidéliser une jeunesse progressiste, à tendance féministe. Malheureusement, ce film, intrus dans la ligne éditoriale de la plateforme, fait partie aujourd’hui encore du Top 10 des contenus les plus vus sur Netflix. 365 DNI est un choix stratégique dangereux en ce qui concerne l’ambiguïté, déjà existante, autour du viol et du consentement.  

Réaction d’une internaute @twitter

Une pétition pour supprimer le film de la plateforme aurait été lancée par le collectif caennais des Soeurcières, engagé contre les violences sexuelles. Elle compte déjà 40 000 signatures.

Dans un communiqué de presse pour The Gardian, Netflix a répondu aux critiques, expliquant que ses abonnés choisissent ce qu’ils veulent regarder ou non en définissant des filtres de maturité, et peuvent donc se protéger de contenus qu’ils jugent dérangeants. Un propos qui revient à responsabiliser les utilisateurs plutôt que de se remettre en question.

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