Les formations en ligne : arnaque ou bonne affaire ?

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« Salut à toi jeune entrepreneur »: il est fort probable que durant les derniers mois, vous ayez, vous aussi, entendu cette phrase de Jean-Pierre Fanguin. Depuis quelques années, le fléau des formations en ligne envahit les réseaux sociaux : Yomi Denzel, Thami Kabbaj ou encore Théophile Eliet comptent plusieurs centaines de milliers d’abonnés à leur compte. Ils partagent leur « lifestyle » et réalisent des vidéos autour du monde en proposant des solutions simples pour accéder au même niveau de vie. Mais le contenu proposé est-il réellement à la hauteur des promesses tenu par ces formateurs ?

Comprendre l’essor des formations en ligne

Aujourd’hui, la formation en ligne pèse près de 325 milliards USD. Ce succès s’explique par les nombreux avantages qu’offre ce type de formation : accessibilité, diversification et rapidité sont les principaux arguments utilisés pour convaincre. Les formateurs utilisent des techniques toujours plus innovantes en terme de communication. On peut prendre l’exemple de Yomi Denzel, qui a réalisé le plus gros concours francophone sur Instagram, avec plus de 35 000 euros de lots, et enregistré plus de 700 000 participations. Ce concours lui a value un gain d’abonnés considérable, avec près de 400 000 nouveaux abonnés : il réalise un très bon coup commercial, qui va lui permettre d’avoir un retour sur investissement énorme. En effet, grâce à ce concours, il pourra persister dans sa stratégie de communication, et ainsi faire connaitre ses formations à ses nouveaux abonnés.

Yomi Denzel, Instagram

Une recette identique

Lorsque nous regardons différents formateurs qui font la pub de leur formations, la même technique de persuasion est utilisée à chaque fois. Elle débute toujours par un storytelling, dans lequel ils vous racontent leurs parcours et les épreuves qu’ils ont du surmonter. Il faut ici souligner une fâcheuses tendance à se décrire comme des personnes solitaires, parties de rien, et qui n’ont pas attendu qu’on les aide, se revendiquant comme des self-made men. Si le message est a priori positif, il ne s’agit là que d’un argument marketing destiné à donner envie de suivre la même voie, accessible… en suivant une formation, bien évidemment.

Ensuite, ils expliquent qu’à un moment de leur vie ils ont eu un déclic, qui a remis toute leur existence en cause. Ils vont utiliser des phrases tel que : « je ne voulais pas être un esclave de la société », « je veux prendre ma vie en main », « je veux être libre »… L’argument de la liberté et de l’autonomie plutôt que de suivre la masse leur sert à ce que le public se remette en question sur sa vie, ses choix, son parcours. Mais là encore, davantage qu’un vrai appel à l’indépendance et à la liberté, il s’agit surtout de convaincre de l’existence d’un réel besoin de suivre une formation pour sortir de l’ordinaire.

Théophile Eliet

Pour finir, ces « formateurs » vont parler de leur situation actuelle, les entreprises qu’ils possèdent ou encore les investissements qu’ils ont fait… ce qui ajoute une crédibilité à leur contenu. Ils aiment beaucoup citer des noms de professionnels du métier, et listent des données chiffrées à n’en plus finir, alors même qu’elles n’ont parfois aucun sens. Ils réalisent généralement leur vidéo dans des contexte aisés (ex : sur un yacht, dans une villa, à l’autre bout du monde) et affirment qu’en « passant à l’action » on peut atteindre le même niveau de vie. L’objectif est d’impressionner, de donner envie, de créer une confiance chez leur potentiel client.

Finalement, ces prétendus formateurs ne sont en fait que des commerciaux, dont le principal objectif est de vendre des formations, et non de venir en aide aux gens, comme ils aimeraient le faire croire. Il est donc très important de prendre du recul sur ce qui est dit et de faire attention aux belles paroles.

Est-ce un bon investissement de participer à des formations en ligne ?

Les formations en ligne sont une réelle opportunité, et laissent des possibilités infinies à l’apprentissage. Vous pouvez suivre différents cours des plus grandes universités au monde, en direct, mais aussi des conférences mené par de grands intellectuels.

Pinterest

Cependant, la grande majorité des formations proposées mettent en scène des particuliers qui ont soit-disant « réussi » dans un domaine. Les formateurs insisteront fortement sur le développant de soi-même, le développement de différents business, mais sans jamais expliquer comment faire, ou alors de façon très brève et superficielle. En effet, lorsqu’on regarde des avis de professionnels, énormément de formations sont en réalité pauvres en contenus et pleines de « belles paroles ». Si nous prenons l’exemple des formations en investissements, il n’existe pas une recette magique pour investir, chaque cas est différent : pourtant, à écouter certains formateurs, on pourrait croire que c’est très simple, et qu’il suffit uniquement d’un peu de bonne volonté pour devenir le nouveau Warren Buffet.

Bien évidemment, certaines formations valent vraiment le coup d’être suivies parce qu’elles proposent un contenu réellement intéressant. La question du prix se pose toutefois : y a-t-il une vraie valeur ajoutée au fait de payer plusieurs milliers d’euros, pour les plus onéreuses d’entre elles, sachant qu’on peut retrouver les mêmes informations sur Internet, généralement gratuites ?

Le secteur de la formation en ligne est aujourd’hui devenu un business très lucratif, qui attire toujours plus de nouveaux adeptes. Avant de commencer une formation, il est capital de se renseigner pour être sûr(e) de la qualité de celle-ci, et de prendre du recul sur les promesses faites par les formateurs. En effet, pour une grande partie, ce sont avant tout des commerciaux qui cherchent à vendre leur formations, et qui ont bâti leur capital sur la vente de celles-ci, et non sur le domaine qu’ils prétendent maitriser au point de devenir millionnaire en seulement quelque mois.

Je vous invite à regarder la vidéo de Théophile Eliet qui illustre bien tous les propos développés ci-dessus :

Comment je suis devenu millionnaire à 25 ans ? – Théophile Eliet

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Etudiant en première année Image et CO à l'ISCPA.

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