Et si la musique devenait éco-responsable ?

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Musique éco-responsable

On a tous hâte de retourner en concert voir nos artistes préférés, peut-être même les entendre chanter les louanges de notre belle planète. Pourtant, est-ce qu’on se demande souvent à quel point les tournées et festivals lui font du mal ? Alors pourquoi ne pas ouvrir les yeux avec la COVID19, et prendre cette crise comme une opportunité de s’organiser autrement et s’engager à moins polluer quand les concerts reprendront ? Comment rendre la musique éco-responsable ? Voici quelques idées simples à mettre en place pour se divertir tout en respectant la planète.

Mais avant, une chanson de Julien Doré engagée sur l’urgence climatique :

« Le monde a changé, il s’est déplacé quelques vertèbres »

À chaque problème sa solution

Qu’est ce qui est réellement faisable au niveau de la production pour faire des événements de musique éco-responsable ? Voici des solutions concrètes et validées.

L’électricité ⚡️

La dépense énergétique lors des concerts est énorme. Le salles de spectacle et les organisateurs de festival peuvent veiller à se fournir en électricité verte. Pour cela il faut s’inscrire chez un fournisseur d’énergie propre, comme Planète Oui. Pour y voir plus clair, voici un comparateur des meilleurs fournisseurs d’électricité verte selon Greenpeace.

Les déchets 🤢

Imaginez un peu tous les déchets engendrés par un concert ! La buvette est, certes, un élément économique non-négligeable de ces événements, mais il y a des solutions pour la rendre plus écolo. Déjà, il faut accepter de bannir tout produit suremballé comme les gâteaux, barres chocolatées, les bouteilles en plastique et les sodas en cannette.

Privilégier les boissons dans des bouteilles en verre est un geste simple et un très grand pas dans l’éco-responsabilisation des événements musicaux. Des entreprises de consigne de verre comme Ma Bouteille S’appelle Reviens récupèrent les bouteilles collectées à la fin de l’événement pour les nettoyer et les réutiliser. Ça évite le tri sur place, et le coût de la consigne est déduit des commandes suivantes ! Pour les gâteaux, il vaut mieux privilégier les bonbons, fruits secs et autres friandises en vrac. Gardez en tête : le moins de plastique possible. Le collectif Drastic On Plastic accompagne les festivals vers la réduction et la suppression du plastique jetable dans la production de leur événement.

Le gaspillage 🥤

Il faut également réduire au maximum les produits à usage unique, comme la vaisselle jetable. Donner des verres réutilisables au public contre un prix de consigne, avec des fontaines d’eau installées pour qu’il puisse les remplir est une bonne solution. Stocker la nourriture dans des bocaux en verre ou des tupperwares réutilisables. Pour le staff et les artistes, éviter les mini-condiments en sachets, pailles en plastique, touillettes, etc. Il vaut mieux utiliser de la vraie vaisselle lavable. Enfin, une bonne idée est de collaborer avec les restaurants, boulangeries et magasins bio locaux. La nourriture sera fraîche, non suremballée, les transports réduits et les locaux seront impliqués directement dans les événements musicaux de leur ville !

Le tri ♻️

Lors d’un festival, il faut veiller à ce qu’il y ait de nombreuses poubelles qui respectent les règles du tri. Pourquoi ne pas mettre des panneaux pour expliquer aux spectateurs et festivaliers comment bien recycler, et mettre des couleurs sur les différentes poubelles. La production et les artistes peuvent également veiller à la bonne éthique des salles sur le tri des déchets après un concert.

Le merchandising 👕

Les produits dérivés sont au cœur de l’économie et de l’esprit des shows. Selon le CNM, c’est 12% du bilan carbone total d’une tournée. S’il est difficile de s’en passer, il est possible de les lier au combat écologique, par exemple, en faisant des vinyles en matières recyclées, pour réduire le PVC (plastique très toxique), normalement utilisé. De même, les vêtements vendus peuvent être fabriqués à partir de textile recyclé ou de coton bio. Incitez les spectateurs à acheter/ramener leur gourde réutilisables, comme Roméo Elvis, qui avait lancé #Magourdeàmoi.

L’exemple We Love Green

On ne le présente plus, WLG est le festival français qui a lieu dans le bois de Vincennes en juin. Il fête ses 10 ans en 2021, et nous montre la voie de la musique éco-responsable depuis 2011 :

La production veille à utiliser des énergies renouvelables comme les panneaux solaires, et a équipé les scènes de LED, ampoules à basse consommation. Les verres sont des éco-cups que les festivaliers peuvent remplir dans les robinets d’eau potable. Les artistes, eux, boivent dans des gourdes et non des bouteilles en plastique. Le festival est équipé uniquement de toilettes sèches et d’urinoirs (certains prévus spécialement pour les femmes). Grâce à ses cendriers ludiques, plus de 15 000 mégots sont recyclés et revalorisés. La restauration est 100% locale et les stands sont faits en plastique recyclé. Autre mesure, il n’y a pas de parking pour les voitures, ce qui incitent le public à se déplacer en transports en commun ou avec les navettes mises en place.

Et comme Angèle fait partie de leur line up 2021, ça fera deux étés qu’elle aura posté cette vidéo, choquée après avoir lu un article sur le réchauffement climatique :

26 Juillet 2019 Angèle improvise une chanson sur l’urgence climatique

D’autres festivals français suivent, comme Climax à Bordeaux, Terre du Son à Monts ou Woodstower à Lyon. On se demande quand vont se réveiller les plus grands : Solidays, Lollapalouza ? Si le but d’un festival est de mêler musique et plein air, c’est un peu contradictoire qu’il ne fasse pas de son mieux pour respecter la planète.

Et nous, qu’est ce qu’on peut faire ?

Une des plus grandes causes de pollution lors des événements musicaux est le déplacement des spectateurs jusqu’au lieu de concert, le plus souvent en voiture. Si on souhaite contribuer à l’éco-responsabilité des divertissements, le mieux est de se déplacer en transports en commun. Les grands événements comme les festivals sont généralement bien desservis par des navettes, bus, métros… Sinon pensez au vélo, à la trottinette ou au moins au co-voiturage !

De plus, il est facile de ne pas jeter ses déchets et mégots par terre et de rendre le verre à la consigne. Ou alors, on le garde en souvenir !

Éco-cup
Mon pot à crayon

Ces artistes engagés

Shaka Ponk : The Freaks

Le groupe Shaka Ponk s’est associé à la Fondation Nicolas Hulot pour former le collectif The Freaks. Ce collectif rassemble 68 personnalités qui s’engagent à adopter de nouveaux comportements pour lutter contre la sur-consommation, la pollution, le réchauffement climatique et protéger la biodiversité. Parmi elles : Mathieu Chedid, Pomme, Tryo, Brigitte, McFly, Soprano, Zazie… Ce sont les leaders sur le sujet de l’écologie dans l’industrie musicale en France, et ils font le maximum pour montrer la voie aux autres artistes. Vous pouvez même évaluer vos gestes écologiques quotidiens grâce à leur quizz : clique ici pour te tester !

Discours de Frah (Shaka Ponk) sur l’écologie aux VMA 2019

Billie Eilish

La chanteuse de 19 ans chamboule la pop dans tous ses aspects. Décidée à transmettre des valeurs écologiques à ses fans, elle avait prévue une tournée 2020 plus green en réduisant le plastique et en les incitant à amener leur propre gourde et à trier soigneusement. Dommage que la COVID19 reporte cette belle initiative de rendre la musique éco-responsable.

Billie Eilish No Music On A Dead Planet
Billie Eilish lors des AMAS 2019

Coldplay

Salués par WWF, les membres du groupe britannique ont décidé de mettre en pause leurs concerts le temps de mettre en place des solutions pour les rendre plus verts. Ils rêvent d’une tournée sans plastique et alimentée par de l’énergie propre. Le souci le plus dur à résoudre reste les déplacements en avion.

Qu’on soit dans le public ou dans la production, le problème de la transition écologique nous concerne tous. On peut chacun mettre en place des gestes simples et plus respectueux de la planète. En nous sensibilisant les uns les autres, on trouvera petit à petit de meilleures solutions pour rendre la musique éco-responsable. En attendant (impatiemment), de retourner en festival, les concerts en ligne apparaissent comme une nouvelle alternative. Peut-être ont-ils leur place dans les solutions écologiques ?

leaclara.piacentini@gmail.com | Plus de publications

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Moi c'est Léa et toi ? Je suis étudiante en 2e année de Production. J'aimerais m'orienter dans le management artistique car je suis passionnée par absolument tout ce qui touche à la musique, aux artistes et à la création. C'est tout l'essentiel, tu peux continuer ta route lecteur <3

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