Portrait de Sergio Ramos, meilleur défenseur du XXIème siècle

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Selon Victor Hugo: « Ce n’est pas la chair, qui est le réel, c’est l’âme« . Pour le Real Madrid, chair et âme se sont toujours sublimées l’une l’autre. L’âme, c’est l’amour du maillot, le beau jeu, la chaleur des supporters, c’est el madridismo. La chair, ce sont les joueurs qui ont porté et doré ce maillot depuis plus de cent ans. Ce sont la sueur de Di Stéfano, Puskás et Kopa dans les années 50, le sang de la Quinta del Buitre dans les années 80 et les larmes des Galacticos de Zizou et compagnie dans les années 2000. Aujourd’hui, la chair et l’âme du Real Madrid ne font qu’un, et se nomment Sergio Ramos.

Le barbier de Séville

Après 8 ans de formation dans son club local du FC Séville, Sergio Ramos fait ses débuts pour l’équipe pro en 2004. Agé de 18 ans et lancé au poste d’arrière, il est un espoir à suivre. Cheveux au vent dans son couloir droit, sa vitesse et sa technique sont ses atouts principaux. Des débuts convaincants lui permettent de jouer 31 matchs de championnat la saison suivante, ainsi que de faire ses débuts en Coupe d’Europe (C3). Europe qui retiendra son nom quelques années plus tard. En 2005, la pépite andalouse tape dans les yeux de plusieurs clubs, mais c’est bien le Real Madrid qui mettra le prix fort. Son transfert coûte 27 millions d’euros (un record à l’époque pour un jeune) et le numéro 4 lui est attribué. De cette manière, il succède au défenseur historique Fernando Hierro, qui portait ce même numéro 4. L’histoire est en marche.

Sergio Ramos, lors de son transfert au Real Madrid, accompagné du président du club Florentino Perez et de la légende Alfredo Di Stéfano.

En 2005, Sergio Ramos était très loin du défenseur qu’il est devenu. Pour citer le rappeur Joke, le jeune de 19 ans n’avait simplement « pas le même génie, pas le même flow » qu’aujourd’hui.

Le boucher de Madrid

Les premières années ne sont pas mauvaises au Real. De 2005 à 2012, l’équipe remporte six trophées, dont trois titres de champions d’Espagne. Cependant, c’est à titre personnel et avec la sélection que Ramos goûtera le plus au succès. Tout d’abord, avec le Prix Don Balón comme révélation de l’année dans son pays en 2005, puis il est élu meilleur arrière droit du monde trois années de suite selon la FIFPRO, et, enfin, il entre dans l’équipe type de l’année UEFA et FIFA en 2008. Avec la Roja et une génération de joueurs d’exception, il ramène deux Euro et une Coupe du Monde à la maison. Serge le grand.

Sergio Ramos (au 1er rang au centre) accompagné d’une constellation de talents (Casillas, Xavi, Iniesta, Xabi Alonso, Torres, Villa…) durant le sacre de l’Espagne au Mondial 2010.

Au niveau mondial, la domination espagnole est incontestable durant ces années. Au niveau national, les choses sont plus nuancées pour le défenseur du Real Madrid. Dès son arrivée, il commence à empiler les buts comme les cartons rouges, un paradoxe qui le suivra toute sa carrière. En quatre ans, il marque plus de 20 buts pour son équipe, statistique remarquable pour un joueur de son poste. Néanmoins, en 2011, il prend son onzième carton rouge, et devient ainsi le joueur le plus expulsé de l’histoire du Real (dépassant ainsi un certain Fernando Hierro). Le relai a bien été donné. C’est de cette façon que la réputation de Sergio Ramos a pris un certain tournant.

Si les plus blagueurs se rappellent son tir au but envoyé dans l’espace en demi-finale retour de Ligue des Champions 2012 contre le Bayern Munich (synonyme d’élimination), les plus fins se souviennent de son baptême du feu en Clasico contre un Ronaldinho à son prime. La danse ne fait pas partie du football, et pourtant ce jour-là, le Brésilien en a profité pour lui apprendre quelques pas. Rome ne s’est pas faite en un jour, la carrière de Ramos non plus.

Le prince de Madrid

Dans l’Histoire, la Renaissance est une période de renouveau artistique datant du XIVe siècle. Au football, la renaissance c’est un coup de casque contre l’ennemi juré en finale de Ligue des Champions. Deux ans après le traumatisme contre les Munichois, Sergio Ramos se présente à Lisbonne avec des cheveux coupés et une barbe taillée, pour ce qui va être un des plus beaux jours de sa vie.

24 mai 2014, finale de C1 entre le Real Madrid et l’Atletico Madrid. 93e minute, un corner est sifflé en faveur des Merengue qui sont menés 1-0 depuis la 36e. C’est maintenant ou jamais. Modric pose le ballon : Ronaldo, Bale, il y a de la présence physique du côté blanc. Le Croate s’élance, centre de son sublime pied droit, et le ballon lobe les deux attaquants du Real, une silhouette s’envole et dépasse tout le monde : c’est lui, c’est Sergio Ramos ! Déjà double buteur sur coups de tête en demi-finale contre le Bayern avec un doux parfum de revanche, il remet le couvert, ou plutôt le casque. Sa tête croisée est imparable, même pour le gardien belge de deux mètres, Thibaut Courtois.

De la poésie en mouvement.

Ce but n’a pas seulement permis au Real de décrocher des prolongations et ensuite la victoire historique, autrement appelée La Decima. Il a permis à ce très bon défenseur d’acquérir un nouveau statut : un statut de sauveur et de joueur clutch qui le suivra jusqu’à aujourd’hui encore.

Le roi d’Espagne

Vive le roi.

Dans les années 2000, Juan Carlos n’était pas le seul roi en Espagne. Il y avait Raul, puis Casillas, deux joueurs formés à la Maison Blanche, qui ont gravi chaque échelon pour devenir des figures majeures du club madrilène. A côté d’eux, se trouvait un prince, un héritier qui n’était pas né à Madrid. Sa couronne, il a dû la mériter, et il l’a méritée.

Depuis quelques années, Ramos ne cesse de briser des records un par un (records de buts, de matchs et de cartons…), ses statistiques sont affolantes et parlent pour lui. Dans la difficulté, il montre qu’à 34 ans, il reste indispensable. Aujourd’hui, le prince est devenu roi.

Le meilleur de son temps

Sergio Ramos fait partie du haut gratin en matière de défense, mais il n’est pas le numéro 1. Le temps et le recul sont peut-être ce qu’il faut pour pouvoir le déclarer. Aujourd’hui encore, Beckenbauer et Maldini sont sûrement un petit cran au dessus en matière de légende bâtie.

Sergio Ramos et Zinédine Zidane, champions d’Espagne, 2020.

Seulement, Ramos a quelque chose que peu ont à ce poste. Cette présence, cet impact qui change tout lorsqu’il se trouve ou non sur le terrain. Sur celui-ci, Sergio Ramos est un rappel constant qu’il faut mériter de jouer pour ce club, que les supporters sont les plus difficiles à convaincre car ils veulent ce qu’il y a de mieux et qu’il faut le leur donner. Lorsqu’il ne joue pas, le club change de visage et perd ses repères. Sergio Ramos, c’est le leader indiscutable, le gouvernail, le chêne sur lequel s’appuyer, mais aussi le roseau, qui ne rompt jamais. Son palmarès est incontesté, et son rôle quant à la quête de chaque titre est, lui, incontestable.

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Actuellement en 2e année de Bachelor Communication à l'école ISCPA Paris, je suis passionné par le football et par le cinéma. Ce deuxième centre d'intérêt occupait tellement de place dans ma vie que j'ai décidé de créer des moyens pour y exprimer mon amour. C'est ainsi que vous pourrez me retrouver sur Instagram: @themoviecolorist2 et sur Youtube: The Movie Colorist.

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