Rencontre avec CINETIC, jeune collectif d’architecture et de scénographie

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CINETIC est un tout jeune collectif parisien d’architecture, de scénographie et de captation créé au début 2020. En explorant les frontières entre ces domaines, ils cherchent à proposer des lieux et des expériences sensibles et immersives pour notre plus grand bonheur. Le collectif tend à mêler les espaces, les fabrications, les arts visuels et numériques en proposant tant des scénographies artistiques et des captions photo et vidéo que du mapping et des architectures responsables. Le collectif CINETIC à l’habitude de travailler étroitement avec Quatre Records, un collectif de DJ qui promeut la culture électronique et la fête libre. CINETIC a réalisé par exemple la scénographie et la captation des événements réguliers Quatre On Air proposé par le collectif de DJ. Ensemble, ils ont également participé et réalisé des événements à la Rotonde Stalingrad ou au Boho sur Seine.

« C’est dans la relation qu’entretient l’imaginaire avec la réalité que nous évoluons. »

Pour nous parler de ces projets croisés et revenir sur la première année du collectif, j’ai interviewé Jean-Baptiste Mallard, le fondateur de CINETIC et scénographe de Quatre Records.

D’où est né le projet CINETIC et comment s’est-il mis en place ?

Je pense que j’ai toujours eu cette volonté d’entreprendre, de faire les choses par moi-même. Et même si ce que je fais est destiné aux autres, c’est, comme toute production artistique je pense, d’abord pour moi que je le fais.

Mais le moment où le projet CINETIC, et donc par extension le collectif CINETIC, a vraiment commencé à se structurer dans ma tête, c’était juste après avoir travaillé dans une petite agence d’architecture, pendant mon année de césure. On avait beaucoup de travail et même si j’ai beaucoup appris et que j’avais acquis pas mal de responsabilités, je sentais que ce système de nuit blanche à répétition, de pression constante et de hiérarchie n’était pas fait pour moi. J’avais besoin d’un break.

J’ai donc quitté mon travail et je suis parti seul au Japon pendant un mois au tout début de février 2020. Un peu sur un coup de tête. Au moment où la Covid et toute la répression que l’État français mène sur la culture n’avait pas encore commencé. Et hormis l’expérience incroyable que j’ai vécue, ça a surtout été le moment où je me suis rendu compte de ce que je veux faire. Et que j’ai commencé à mettre ça en place avec le collectif CINETIC et les différentes opportunités de projets qui se présentaient.

Le projet s’est mis en place directement en lien avec Quatre Records ?

Oui en partie, bien sûr ! Il faut savoir qu’on a fondé Quatre Records avec mon frère jumeau et deux de nos meilleurs amis, quasiment au même moment que le collectif CINETIC. Je leur parle toujours de mes projets, qu’ils soient connectés à l’événementiel ou non. Et c’est vrai que pour ce qui est de la captation live et d’une partie de la scénographie, on a pas mal travaillé là dessus avec Quatre Records pendant la Covid. Surtout avec nos 8 éditions de Quatre On Air qu’on a voulu faire évoluer à chaque fois.

Comment en es-tu arrivé à la scénographie ?

Je pense que c’est dans un coin de ma tête depuis le début de mes études d’architecture.
Ce qu’on nous apprend à l’école c’est concevoir sous de très nombreux aspects un projet d’architecture et le représenter. En agence d’architecture, cette partie de conception représente 5 à 10% de la durée de travail de l’architecte sur le projet, rendant notre enseignement extrêmement lacunaire. C’est en grande partie l’architecte qui gère les différents acteurs du projet, de nombreuses réunions, conseils, aller-retours, aspects financiers et comptables ou encore le management de son équipe. C’est ce qui rend pour moi ce métier complexe et plein de responsabilité absolument incroyable mais parfois assez lourd car très contraignant. Et il faut ajouter à ça, la considération en chute constante accordée par les institutions autant au niveau de l’enseignement que de la profession.

La scénographie, comme la captation photo et vidéo, proviennent d’un besoin de se libérer de l’échelle contrainte de l’architecture en renouant avec un côté artistique plus libre et surtout d’articuler ces différentes activités entre elles. Le processus d’un projet d’architecture est très similaire au processus d’un projet de scénographie ou de captation. Que ce soit sur les parties de conception ou plus administratives et techniques. Ces différents processus, et ce qu’ils génèrent au sein du collectif, permettent de nourrir les différentes réflexions et projets entre eux et de les faire évoluer.
Dans une dimension différente, c’est un peu comme quand on travaille à plusieurs. Le but c’est de faire avancer le projet grâce aux échanges. Pas d’avoir un chef qui dit « tu fais ci » ou « tu fais ça ».

D’ailleurs, il y a quelques semaines c’est Meg qui gère la scénographie chez Itinéraire Bis (Ndlr. Collectif de DJ basé à Paris) qui nous a rejoint sur le pôle scénographie. On vient de rendre un appel à projet dont on est vraiment fiers !

En moins d’un an, le collectif a bien démarré. Tu as envie de continuer sur cette voie et te professionnaliser dans ce domaine à l’avenir ?

Je crois vraiment en ce qu’on a commencé à faire avec le collectif. En nos aspirations qui sont nombreuses et en la direction dans laquelle on s’engage. Je tiens d’ailleurs à remercier l’ensemble des personnes qui ont pu participer aux projets et/ou qui nous soutiennent. C’est avant tout un travail d’équipe.

La réalité, c’est qu’on est un collectif qui a moins d’un an, qui débute dans une situation sanitaire dans laquelle le gouvernement nous a privé progressivement de la culture, à grand moyen de mots fourre-tout comme « urgence », « résilience », « temporaire ». Comment peut-on justifier de faire la queue dans un magasin et pas dans un musée ? Oui bien sûr, le collectif CINETIC est un projet professionnel. Mais au-delà des questions de formation et d’expérience nécessaires à la poursuite de ce projet, on se pose sérieusement la question de savoir comment poursuivre avec une aussi faible liberté d’expression.

Quels sont les projets à venir pour CINETIC ? Et pour Quatre Records ?

En ce moment, on a deux gros projets en cours sur lesquels on bosse depuis des mois avec CINETIC et Quatre Records. L’un d’eux va sortir début janvier, je vous en dis pas plus. Sinon avec CINETIC, plusieurs autres projets sont en cours : un projet de tiers lieu alternatif, une rénovation/extension d’appartement, un projet à mi-chemin entre le land-art et l’urbanisme social, deux projets de scénographies à différents stades, plusieurs captations live à la rentrée ainsi que différentes collaborations. On a hâte de vous présenter tout ça !

En attendant que les événements accueillant du public puissent de nouveau être possible, vous pouvez suivre les événements en ligne de CINETIC et Quatre Records sur leurs réseaux sociaux. Vous pourrez aussi les retrouver le lancement de Quatre PHONO/LINE Show, un évènement live tous les dimanches à partir du 3 janvier.
Facebook : Collectif Cinetic / Quatre Records
Instagram : cinetic.collectif / quatre.records

Et je vous invite vivement à aller voir ce qu’ils font et à les encourager pour qu’ils puissent continuer à développer toutes leurs idées et projets !

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Je suis étudiant en Master 1 de Production musicale et audiovisuelle à l'ISCPA - Paris. Je m'intéresse particulièrement à la production musicale mais suis également curieux des autres milieux artistiques (expositions, arts plastiques, littérature...).

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