Marsha P. Johnson : une icône du mouvement LGBT

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Marsha P. Johnson est née le 24 août 1945 dans le New Jersey, et décédée le 6 juillet 1992, à l’âge de 47 ans, à New York. Il s’agissait d’ une femme transgenre, drag queen, et travailleuse du sexe. Elle est vue comme une initiatrice du mouvement LGBT (lesbienne, gay, bisexuel, transgenre) des années 60, et comme une activiste pour la défense des droits des personnes séropositives.

En 2020, lors du dernier jour du mois de la Pride, le 30 juin, une illustration de Marsha P Johnson a remplacé le traditionnel logo de Google. Cela nous donne l’occasion de revenir sur l’histoire de cette icône du mouvement LGBTQIA+. (lesbienne, gay, bisexuel, transgenre, queer, intersexe, asexuel)

Jeunesse 

Avant de devenir Marsha, celle-ci est née sous le nom de Malcolm Micheals Jr. Elle fait partie d’une fratrie de six frères et sœurs, et sa famille est très religieuse. Dès l’âge de 5 ans, Johnson décide de porter des robes, mais doit arrêter assez vite en raison du harcèlement qu’elle subit de la part des garçons de sa ville. Elle confiera un jour dans une interview avoir été agressée sexuellement par un adolescent lors de sa jeunesse. Après ces événements, Marsha décrit l’idée d’être gay comme une sorte de « rêve » inaccessible. Sa mère lui dira un jour « être gay revient à être inférieur à un chien. ». Après ça, Marsha décide de ne pas se prononcer sur son orientation sexuelle, du moins sur le moment. Après avoir obtenu son diplôme de l’Edison High School, elle part pour New York à l’âge de 17 ans, en 1963, avec 15 dollars en poche. Là-bas, elle mène une vie très instable, se retrouvant très souvent à la rue faute de travail.

De Malcolm à Marsha 

En 1966, elle déménage à Greenwich Village, quartier connu pour accueillir une large communauté homosexuelle et transgenre. Grâce à de nombreuses rencontres et à l’environnement du quartier, Johnson comprend finalement qu’il est possible d’atteindre son rêve, et commence alors à assumer son identité sexuelle, en adoptant des styles de plus en plus extravagants. Quelques temps après son arrivée, Malcolm Micheals Jr se fait appeler « Black Marsha », mais décide ensuite d’opter pour « Marsha P Johnson ». Le nom « Johnson » vient d’un restaurant très aimé de Marsha, le Howard Johnson’s, sur la 42e rue. Quant au P, il signifiait « Pay it no mind », qui veut dire « n’y fais pas attention ». Marsha était identifiée comme gay, travestie, et beaucoup de gens parlaient d’elle comme une « reine », faisant référence aux drag queen. Mais Johnson ne s’est jamais elle-même identifiée au terme de transgenre, le mot n’étant pas encore très utilisé au XXème siècle. Johnson était grande, élancée, et connue pour porter des robes fluides et pailletées, de hauts talons rouges, et des perruques brillantes ; c’est ce style très extravagant qui l’a fait connaître très vite, car elle était l’une des premières femmes travesties à s’assumer complètement.

Son succès l’amène jusqu’à la scène: elle chante et joue dans la troupe internationale de drag performance, Hot Peaches, basée à New York.

Elle rejoint également d’autres troupes sur scène comme The Cockettes, ou encore The Angels of light.

Peu à peu, sa célébrité augmente, notamment lorsqu’elle est photographiée par le grand Andy Warhol en 1974, dans sa série de polaroïds Ladies and Gentleman, dédiée aux drag queen.

Militantisme 

Marsha P Johnson, bien qu’elle soit une icône de la scène LGBT, est avant tout connue pour son militantisme, car elle fait partie des premières personnes à s’opposer directement à la police lors des émeutes de Stonewall.

Stonewall, un bar clandestin très fréquenté par la communauté LGBTQ dans les années 60, est pris d’assaut le 28 juin 1969 par la police new-yorkaise. Johnson est en première ligne, et ose, pour la première fois, riposter contre les assaillants, en lançant notamment des briques sur les voitures de police. Ces émeutes annoncent le début du militantisme LGBT, et Marsha devient alors une véritable figure des émeutes de Stonewall, grâce à ses actes de rébellion.

Suite à ces révoltes, elle rejoint le front de libération gay, et devient une militante très active. Le jour de l’anniversaire de Stonewall, le 28 juin 1970, elle défile lors de la première Gay Pride. Elle intègre également le GLF Drag Queen Causus, avec lequel elle organise des protestations, notamment au sein de l’université de New-York, après que les administrateurs aient annulés un spectacle de danse parrainé par des associations LGBT.

Avec son amie Sylvia Rivera, autre grande figure du mouvement LGBT, elles fondent ensemble l’organisation Street Tranvestite Action Revolutionaries (STAR), au début des années 1970. Elles organisent et participent à des marches de libération queer. Cette association est à l’origine de STAR house, qui fournissait des vêtements et de la nourriture aux jeunes homosexuel(les) et transsexuel(les) vivant dans la rue. Marsha était vue comme la « drag mother » de la STAR house. Elle travaillait énormément pour pouvoir fournir de quoi manger, un loyer, et un soutien émotionnel à ces jeunes.

Dès l’émergence du Sida dans les années 80, Marsha montre son soutient aux personnes séropositives en s’engageant dans l’association politique ACT UP, dans laquelle elle se bat pour les droits des séropositifs.

Disparition 

En juillet 1992, alors qu’elle est âgée de 47 ans, son cadavre est découvert flottant dans l’Hudson River, à New-York, peu de temps après la marche des fiertés. La police prétend, sans vraiment de preuves, qu’elle s’est suicidée. Mais ses amis affirment qu’elle n’était absolument pas suicidaire, et qu’elle était harcelée près de l’endroit où elle a été retrouvée morte. Plusieurs démarches ont été initiées afin que la police lance une enquête, en vain.

Un témoin a néanmoins affirmé avoir vu un habitant du quartier se battre avec Johnson, et aurait également entendu des insultes homophobes.

Quelques jours plus tard, ce même individu se serait venté, lors d’une soirée dans un bar, d’avoir tué une drag queen nommée Marsha.

En décembre 2002, une enquête policière a abouti à la reclassification de la cause de son décès de « suicide » à « indéterminée ».

Pour mieux comprendre le mystère autour de la mort de Marsha, je vous invite à visionner « The death and life of Marsha P Johnson », disponible actuellement sur Netflix.

« Marshavecnous » 

Cette année, en tant qu’étudiants de l’ISCPA, nous avons pour mission d’élaborer un projet de A à Z. Pour cela, l’école nous a laissé carte blanche, afin de faire ce projet sur un sujet que nous choisissons, et que nous supportons. Nous sommes donc un groupe de quatre, (Ghita Fidaali, Inès Lamnii, Eglantine Bourgueil, et moi même) et nous avons décidé de porter notre projet sur la communauté LGBT. Ce projet se présentera sous la forme d’une mini série, qui comportera 10 épisodes sous forme d’interviews, qui expliqueront chaque lettre, et donc chaque orientation sexuelle du sigle LGBTQIA+. Le but est d’informer le plus de personnes possibles sur les différentes sexualités, afin de les banaliser et de supporter cette communauté qui subit de nombreuses discriminations. Ces interviews seront postées sur le compte Instagram de notre projet, que vous pouvez suivre dès maintenant : @marshavecnous. Comme vous l’avez compris, nous avons utilisé le nom de Marsha afin de représenter notre projet, car elle est l’emblème de la communauté LGBTQIA+.

En conclusion, Marsha P Johnson est une icône et un symbole dans l’histoire de la communauté LGBT, certains diront même qu’elle en est le point de départ. Elle a initié les premières manifestations, et n’a pas hésité à affronter les forces de l’ordre pour faire entendre sa voix. Bien que ce combat lui ai coûté la vie, beaucoup de mentalités ont évoluées grâce à elle, c’est pourquoi le maire de New-York, Bill de Blasio, a annoncé récemment vouloir construire un bâtiment lui étant consacré, dans le quartier de Greenwich.

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