Tensions avec la Turquie, retour sur la politique d’Erdogan

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Depuis quelques années, Recep Tayyip Erdogan essaie, de plus en plus ouvertement, de contrôler le monde musulman. Depuis plusieurs mois maintenant, le président turc tente d’influencer ses voisins. Cherchant à imposer sa politique islamo-conservatrice, affichant d’inquiétantes visées expansionnistes.

En effet, il est désireux d’un retour de la Turquie au temps de sa splendeur. C’est à dire quand le calife (successeur de Mahomet de la
création de l’islam en 632 jusqu’au début du XXème siècle) contrôlait l’Anatolie et les pays musulmans. Il ne manque donc pas de réintroduire des symboles religieux à travers le pays. De ce fait, il aspire à d’importants changements, à commencer par la transformation de Sainte-Sophie.

La Basilique Sainte-Sophie, symbole de l’empire byzantin au temps de l’empereur Justinien, est redevenue une mosquée. Et cela près d’un siècle après qu’Atatürk ait décidé de lui enlever tout caractère religieux.

De plus, le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan proche des Frères Musulmans, fonctionne sur une propagande imposée par des islamistes et s’éloigne peu à peu d’un modèle démocratique.


Des relations de voisinage conflictuelles : la politique extérieure agressive d’Erdogan

Cela fait maintenant plusieurs mois que la Turquie vole au secours de différents régimes. Se créant, par la même occasion, de nombreux conflits, à commencer par ses voisins grecs, avec lesquels Erdogan s’est lancé dans une chasse aux hydrocarbures dans les eaux helléniques. En plus de demander un nouveau découpage des frontières maritimes établies depuis plusieurs années, il menace aussi la petite Chypre (dont il contrôle 38% du territoire depuis 1974).

De facto, il lui reproche de « touristiser » l’île chypriote de Varosha, désertée depuis l’intervention militaire turque. Tout dernièrement enfin, un autre conflit a ressurgi. Il s’agit de celui entre Azéris et Arméniens, à propos du Haut-Karabagh situé en Azerbaïdjan mais principalement peuplé d’Arméniens. Comme si son passé avec l’Arménie n’était pas déjà assez noir, la Turquie a décidé d’apporter son soutien à l’Azerbaïdjan. D’abord diplomatiquement puis par l’envoi de mercenaires syriens. De ce fait, il s’oppose une fois de plus (après la Syrie) au président russe Poutine, qui lui soutient l’Arménie.


Pourtant, la Turquie n’a pas toujours eu ces mauvaises relations avec certains pays.

Depuis François Ier, avec l’alliance franco-turque de 1536, elle entretenait de très bonnes relations avec la France.
De plus, elle fait partie des pays ayant accepté, depuis le conflit Syrien, le plus de migrants ces dernières années, comptant 4 millions de réfugiés (dont 3,5 de syriens).

Mais comment cette Turquie en est-elle arrivée à utiliser ces personnes, victimes de conflits mondiaux, comme moyen de pression et de chantage avec d’autres pays, comme elle l’a fait avec la Grèce et l’Union Européenne ? (Échanges à la limite du pacifisme).

Comment un pays, qui brigue son entrée dans l’Union Européenne depuis 1987 pour s’unir, entre autre, avec le pays des droits de l’Homme, peut-il se permettre une telle répression contre une partie de sa population, les Kurdes, et aller jusqu’en Irak les combattre?

De plus, son alliance avec Vladimir Poutine, qui soutient l’actuel président syrien Bachar Al-Assad (au pouvoir depuis vingt ans) et ses interventions militaires en Syrie et en Libye ne manquent pas de faire de lui un conquérant particulièrement belliqueux.


Une politique intérieure fragile

La politique d’Erdogan, de plus en plus critiquée, induit un certain climat de haine dans son pays. Avec une crise économique inédite et un chômage en hausse continue, les jeunes de son pays ne croient plus en lui, et à force d’imposer sa religion, beaucoup d’entre eux se déclarent déiste, ne se reconnaissant plus dans ce gouvernement traditionaliste et conservateur. Ils ont trop connu la modernité et la laïcité pour se retrouver dans ces pratiques archaïques. Comme l’a relevé Le Point en août 2020, « C’est un retour au passé ».


Erdogan ne compte malheureusement pas s’arrêter là ; son rêve serait de s’approprier la mosquée Al-Aqsa dans la vieille ville de Jérusalem (sur l’Esplanade des Mosquées, sous contrôle israélien) afin de la libérer et d’être le héros de la cause palestinienne.

Mais comment faire confiance et laisser diriger un homme qui a purgé sa peine de prison en 1999 comme s’il était à l’hôtel, et a déjoué le système carcéral grâce à sa famille et aux divers traitements de faveur dont il a bénéficié ? Comment faire confiance à cet homme qui, refusant d’avoir perdu aux élections municipales d’Istanbul, a fait revoter sa population ?

Recep Tayyip Erdogan n’est pas du tout le représentant idéal de sa population, il sera donc intéressant de voir comment se terminera son second mandat, supposé s’achever en 2024.

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Moi c'est Chiara, étudiante en 2ème année de production audiovisuelle et artistique. Je suis passionnée par la création et l'organisation des évènements musicaux et multi-culturels. Mais aussi par la cuisine, le sport, les voyages et tout un tas de trucs que j'ai pu redécouvrir au long de cette pandémie interminable.

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